Le présent « Guide d’accès à la finance climat et engagement de la société civile au Burkina Faso » a été élaboré dans le cadre des activités du Réseau Climat et Développement Burkina (RCD Burkina). Il est une contribution de l’ONG Women Environmental Programme Burkina, Coordonnatrice de plusieurs réseaux d’OSC nationales intervenant sur les questions de changements climatiques et de Genre.

Destiné aux différents niveaux d’acteurs concernés par l’accès au financement climatique, ceux du RCD Burkina en particulier, ce guide puise son contenu de plusieurs documents d’information pertinents et boîtes à outils en matière d’accès aux fonds climat. Télécharger Guide finance climat WEP BF 

Les changements climatiques sont actuellement considérés comme l’une des menaces les plus graves posées au développement, avec des enjeux de portée globale et des subsistances des populations les plus pauvres de la planète. Cette situation nécessite l’adoption de mesures de régulation des enjeux liés à l’extinction des espèces et à la rareté des ressources.

L’économie circulaire définie comme un modèle de développement basé sur une réduction et une meilleure réutilisation de nos déchets pour épargner les ressources naturelles, est apparue comme une alternative à l’économie linéaire, qui est un mode de consommation non durable des ressources.

La symbiose industrielle (SI) constitue par conséquent l’une des approches de régulation. En effet, elle permet l’utilisation durable des ressources, tout en préservant l’environnement et en offrant aux entreprises des opportunités d’affaires. Le Burkina Faso s’est engagé sur cette voie à travers les politiques publiques sur les modes de consommation et de production durables. Ce guide prospectif qui s’appuie sur les résultats de la phase pilote de la mise en œuvre de la SI par l’ONG WEP Burkina a pour objectif de proposer des outils pouvant aider les décideurs à la mise à l’échelle de la symbiose industrielle au Burkina Faso. Télécharger GUIDE DE MISE A L’ECHELLE DE LA SYMBIOSE INDUSTRIELLE  

L’ONG Women Environmental Programme Burkina Faso (WEP BF), à travers le projet « Women 2030», a organisé, les 4 et 5 mai 2017 à Ouagadougou, un atelier de formation sur le suivi de la mise en œuvre des  Objectifs du Développement Durable (ODD) et des politiques climatiques, au profit des organisations de Femmes et de Genre.

Membre du Groupe Majeur des Femmes, l’ONG Women Environmental Programme Burkina Faso (WEP-BF) met en œuvre le projet « Women 2030 » au Burkina Faso. Dans cette optique, WEP-BF a organisé un atelier de formation dont l’objectif général était de renforcer les capacités des organisations de la société civile des Femmes et de Genre pour le suivi de la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable (ODD), d’une part et des politiques climatiques (Accord de Paris) aux niveaux national, régional et local, d’autre part. Les travaux se sont déroulés les 4 et 5 mai 2017, à Ouagadougou. Il s’agit de la première d’une série de formations qui devra s’étendre jusqu’aux communautés de base.

Selon la présidente de WEP-BF, Zénabou Segda, le but du projet est d’arriver à mobiliser le maximum de femmes et  d’organisations de Genre, pour les impliquer dans la mise en œuvre des ODD et de l’accord de Paris à travers l’analyse des politiques, le suivi et du plaidoyer. Dans son allocution d’ouverture, elle a souligné que l’impact du changement climatique affecte beaucoup les femmes mais qu’elles  demeurent des acteurs  clés du développement durable. Il faut donc qu’elles soient formées et informées pour la recherche de solution face aux effets du changement climatique.

Le représentant du PNUD, Oumar Ndiaye a révélé que le PNUD occupe une position  stratégique en ce qui concerne le pilotage des ODD, en relation avec la direction générale de l’économie et de la planification». Du point de vue de M. N’Diaye, de nos jours, le développement durable ne peut être atteint sans l’implication des femmes. Il a soutenu que la non implication des femmes impacte beaucoup en termes de perte économique pour le continent.

La représentante du ministre de l’environnement, de l’Economie verte et du changement climatique (MEECCC), Haoua Sary, a rappelé que les Nations unies ont adopté en septembre 2015, un nouveau programme de développement durable comprenant 17  objectifs mondiaux, 169 cibles et environ  200  indicateurs. «Ce programme, d’après elle, vise, entre autres, à mettre fin à la pauvreté, à lutter contre les inégalités et l’injustice, à faire face au changement climatique d’ici à 2030». Elle a soutenu que  l’atteinte des cibles des ODD implique l’engagement et la participation de tous les acteurs et qu’il est  nécessaire de renforcer leurs capacités en mettant à leur disposition, des outils pour une prise en compte des ODD dans les politiques, les plans, les stratégies et les projets de développement.

Qu’est que le projet « Women 2030 » ? 

Le projet « Women 2030 » intitulé : Organisations de Genre et de Femmes mobilisées pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD), est un projet d’une coalition internationale dont le but est de contribuer à la promotion de la bonne gouvernance et à l’atteinte des Objectifs du Développement Durable par le biais du renforcement des capacités des acteurs de la société civile. Il est financé par la commission de l’Union Européenne dans le cadre de son projet « Renforcer les réseaux régionaux, Européens et mondiaux d’Organisations de la Société Civile (OSC) ».

Ce  projet vise à promouvoir un développement durable, équitable et inclusif, prenant en compte toutes les composantes de la société. Le projet entend soutenir des associations internationales, nationales et locales dans les domaines du Genre, de l’égalité des sexes, à travers l’analyse de politique, le monitoring, le plaidoyer, etc. Il est mis en œuvre dans 52 pays à travers le monde et dirigé par cinq réseaux internationaux de femmes et de Genre que sont Women Engage for a Common Future (WECF) ; Women Environmental Programme (WEP) ; Global Forest Coalition (GFC) ; Gender and Water Alliance (GWA) ; Asia Pacific Forum on Women, Law and Development (APWLD).

Plusieurs communications ont été données et les participants ont apprécié et mesuré du même coup l’immensité de la tâche qui sera la leur.  La suite du projet consistant à mobiliser et à renforcer la capacité des associations à des niveaux plus local pour pour participer  à l’analyse, le suivi et le plaidoyer pour la prise en compte des ODD dans les plans de développement.

Accord de Paris sur le Climat: grande déception des organisations de protection de l’environnement suite au retrait des USA. «Nous sommes le continent le plus vulnérable face au changement climatique», a déclaré à VOA Afrique Zenabou Segba, présidente de Women Environmental Program au Burkina Faso.

Energie, agriculture, droits des hommes et des femmes : la lutte contre le changement climatique peut être une chance pour l’Afrique, à condition que les pays du nord respectent leurs engagements. Plusieurs ONG africaines ont lancé un appel aux pays développés sur ce qu’elles attendent du futur accord de Paris. Reportage sonore et photographique au cœur d’une rencontre riche en témoignages et en réflexions.

Vendredi 17 avril à l’Assemblée nationale, six représentants de la société civile africaine, membres du Réseau Climat et Développement, accompagnés de représentants d’ONG françaises, ont exprimé leurs recommandations pour la COP21. Quatre tables rondes, pour un seul fil conducteur : quels défis l’accord de Paris doit-il relever pour répondre aux besoins des populations les plus vulnérables ?

L’énergie

Is Deen Akambi, d’Eco-Bénin, plante le décor : « En Afrique, 70 % de la population n’a pas accès aux service énergétiques ». Les Béninois utilisent du bois pour la cuisson et le chauffage, avec pour conséquences déforestation et maladies respiratoires. « Ceci, alors que notre continent présente un potentiel colossal en énergies renouvelables, avec jusqu’à 300 jours de soleil par an dans certains pays et du vent dans les régions côtières, enrage Is Deen Akambi. Et que beaucoup d’initiatives, foyers améliorés, pompes solaires… existent déjà mais peinent à se développer ».

Au premier plan, un enseignant sénégalais. Au second plan, Is Deen O. Akambi, de l’association Eco Bénin.

« 80 % de la production électrique africaine repose sur le gaz et le pétrole, renchérit Vanessa Laubin, du Groupe énergies renouvelables, environnement et solidarités (GERES), à lors que les énergies renouvelables permettraient de créer de nombreux emplois ».

– Écoutez Vanessa Laubin sur le potentiel africain en matière d’énergies renouvelables :

Les deux ONG formulent plusieurs recommandations : des financements supplémentaires pour des investissements massifs dans les énergies renouvelables, y compris dans les zones reculées ; l’interdiction des investissements dans les énergies « sales » ; et une meilleure coopération entre États, qu’elle soit Nord-Sud ou Sud-Sud.

L’agriculture

« En Afrique et en Asie, l’agriculture familiale permet de répondre à environ 70 % des besoins alimentaires de la population, rappelle Ali Bonguere, de l’EDER Niger : mais elle subit les conséquences du changement climatique. En 2014, 25 000 ha de terres agricoles ont été détruits par les inondations au Niger».

– Écoutez Ali Bonguere sur les conséquences du changement climatique sur l’agriculture :

« En 2080, 600 millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim si l’on ne fait rien, estime Peggy Pascal, d’Action contre la FaimIl faut que le rôle premier des sols soit de produire de la nourriture, pas de stocker du carbone avec le risque d’accaparement des terres que cela induit. Et que l’impact du changement climatique sur la sécurité alimentaire soit mentionné dans le préambule du futur accord, mais aussi dans les objectifs généraux et les parties adaptation et atténuation. »
Au micro, Peggy Pascal d’Action Contre la Faim

Les Africains ne veulent pas de « fausses solutions » : « Il faut investir dans l’agriculture familiale, pas dans l’agrobusiness », insiste Ali Bonguere. En ligne de mire, la Global Alliance for Climate-Smart Agriculture, sur laquelle Reporterre avait enquêté en avril dernier.

Le tacle fait grincer quelques dents dans la salle. « La France a choisi d’intégrer la Climate-Smart Agriculture pour l’influencer dans le bon sens de l’intérieur », défend Stéphane Crouzat, conseiller diplomatique de Ségolène Royal. Quelques sièges plus loin, un agronome soutient pour sa part que « les sols africains reçoivent trop peu d’intrants, seulement 10 kg par an alors qu’il en faudrait 50 »

« En Afrique, on ne peut pas dissocier la lutte contre le changement climatique, la lutte contre la pauvreté et l’accès à l’eau, conclut Moutari Abdoul Madjib, de Demi-E Niger. Il faut que 50 % du financement soit consacré à l’adaptation, il doit être additionnel à l’aide publique au développement et être sous forme de dons. »

Moutari Abdoul Madjid de l’association Demi-E Niger

Les droits humains et les droits des femmes

Les droits humains fondamentaux – droit à l’alimentation, à la santé, à l’eau, aux terres – sont menacés par le changement climatique. En témoigne Hindou Oumarou Ibrahim, de l’AFPAT Tchad : « L’existence de mon peuple Peul Mbororo, d’éleveurs nomades, est lié à l’environnement. L’assèchement du lac Tchad nous oblige à aller de plus en plus loin à la recherche d’eau et de pâturages. Cela entraîne des conflits avec d’autres communautés. Les droits humains doivent être mentionnés dans le préambule mais aussi dans toutes les parties du futur accord. »

– Écoutez Hindou Oumarou Ibrahim, sur le peuple Peul Mbororo :

Les Africaines sont les premières victimes des impacts du dérèglement du climat. En effet, « elles doivent nourrir la famille et aller chercher l’eau et le bois. 60 à 80 % de la production agricole est assurée par les femmes », observe Zenabou Segda, du Women Environmental Program (WEP) Burkina.

– Écoutez Zenabou Segda sur le rôle social et les difficultés des femmes :

Zenabou Segda, de l’association « Women Environmental Programme » (WEP) du Burkina Faso

« Mais elles sont également actrices, souligne Zenabou Segda. Elles sont capables de transporter des pierres pour construire des digues et protéger les sols dégradés par les sécheresses».

« Les rendements doublent quand on appuie les femmes, s’enthousiasme Colette Benoudji, coordinatrice de l’association LEAD TchadLes solutions sont là mais on ne nous écoute pas. »

– Écoutez Colette Benoudji sur une opération de cuisine solaire au Tchad :

« Le genre est un facteur de risque supplémentaire, analyse Fanny Petitbon, de CARE FranceL’accord de Paris doit reconnaître les impacts différenciés du changement climatique en fonction du genre, que les politiques adoptées prennent en compte le genre et que l’expression  »égalité des genres » apparaisse dans le préambule et dans la partie opérationnelle. »

Reste également en suspens la protection des défenseurs de l’environnement. « ’Mon patron boira à l’intérieur de ton crâne et nous mangerons ton cœur’, voilà un des messages de menaces reçus par l’avocat libérien Alfred Brownell alors qu’il travaillait sur une affaire d’accaparement des terres, alerte Antoine Madelin, de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). Entre 2011 et 2014, nous avons dénombré 43 assassinats de défenseurs des droits à la terre et le harcèlement judiciaire de 123 défenseurs. »

Un participant au Dialogue Afrique et COP 21 pose une question

Financement

« L’Afrique dépense 7 à 15 milliards de dollars par an pour son adaptation au changement climatique, alors qu’elle ne contribue qu’à hauteur de 4 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Elle ne reçoit qu’un à 2 milliards de dollars », calcule Maiga Mouhamadou Farka, de l’Amade Pelcode Mali. Pour lui, il faut que les États les plus riches aident l’Afrique à investir massivement dans les énergies renouvelables, la lutte contre l’érosion des sols, dans l’aide aux petits paysans et dans l’autonomisation des femmes.

Il est indispensable, juge-t-il, que les pays développés respectent leur engagement pris en 2009 à Copenhague, de mobiliser 100 milliards de dollars par an. « S’il n’y a pas de décision forte, l’Afrique ne se risquera pas à apposer sa signature en bas du texte », prévient Maiga Mouhamadou Farka.

– Écoutez Maiga Mouhamadou Farka sur les questions de financement :

Romain Benicchio d’Oxfam constate « un manque de clarté sur les montants disponibles engagés pour les pays en développement. Cela sert les pays bailleurs. Par exemple, le Japon a compté dans son soutien au développement ses investissements dans la construction de centrales à charbon ! »

Il faut également s’assurer que les financements existants répondent bien aux besoins des pays vulnérables. « La France ne consacre qu’un quart de ses financements à l’adaptation. Pour asseoir sa crédibilité en tant que présidente de la COP21, elle va devoir remettre cette question à plat. »

Pour Denis Voisin de la Fondation Nicolas Hulot« il faut trouver des financements innovants. Plutôt que d’inventer de nouveaux mécanismes, pourquoi ne pas faire aboutir certaines propositions comme la taxe sur les transactions financières ? ».

Au centre, Pascal Canfin

Pascal Canfin, ancien ministre délégué chargé du développement, prône deux points importants sur la mobilisation des 100 milliards de dollars : davantage de fonds publics – de nouvelles promesses sont espérées lors du G7, en juin -, et des règles comptables claires pour les flux privés. En matière d’adaptation, « il faut un engagement public concentré sur les plus vulnérables », estime-t-il. Il faut également définir une feuille de route de sorte que « les trillions de dollars d’investissements dans les énergies fossiles passent à une économie décarbonée ».

« Tout ne peut pas être négocié au sein de la Convention climat, insiste Pascal Canfin. Pour évaluer la conférence de Paris de manière juste, il faudra regarder l’accord mais aussi tout ce qu’il y a autour. »

– Écoutez Pascal Canfin :

Source : Reporterre

– Utilisatrice des ressources de l’environnement
– Victime des aléas naturels et dégradations dus à l’homme et donc au changement climatique.
– Responsabilité en tant qu’actrice
– Connaissance et maîtrise du milieu